Sunday, June 19, 2016

Les Playlists Selon Kaign

Technologie
Musique
IOS
 
Selon le cabinet de recherche IDC, "plus de 1,4 milliards de smartphones se seraient vendus" en 2015. En effet, le monde vibre au rythme du numérique et des nouvelles technologies. Face à cette avancée technologique, certains entrepreneurs se lancent dans la création de diverses applications pour smartphones. C'est le cas de François-Michel Schumaker, jeune entrepreneur camerounais résidant à Toronto. Fort de ses expériences académique et professionnelle en solutions informatiques et développement de logiciel, ce dernier développe Kaign, une application disponible sur iOS et WatchOS qui a pour but de permettre à chacun "d’exprimer ses désirs musicaux dans des filtres sauvegardés dans l’application" et les partager avec des proches et connaissances. Cet ambitieux programmeur a accepté de me plonger dans l'univers de Kaign en un entretien:

AE: Bonjour François-Michel Schumaker et merci d’avoir accepté de m’accorder cet entretien. Pour débuter, pourriez-vous vous présentez aux lecteurs?
F-M: Bonjour et merci à vous de m’accueillir aujourd’hui. Je suis architecte de solutions informatiques à Toronto. Je suis titulaire d’une maitrise en développement de logiciel de l’université électrotechnique de St-Petersbourg et je travaille dans ce domaine depuis 2004. Je suis né et j’ai grandi à Douala.

AE: Intéressant. Alors, vous avez lancé depuis Février 2016 une application de musique, nommée KAIGN. Alors que veut dire KAIGN?
F-M: KAIGN est une transcription du mot ‘kɛ ɲə’ en langue Bandjoun. Il désigne le bâtiment temporaire bâti au milieu de la place principale de la chefferie locale dans lequel se regroupent les meilleurs musiciens du royaume pour jouer les meilleurs airs de la région. J’invite les lecteurs à aller sur kaign.com afin de lire la version plus élaborée du Kaign.

AE: Pourquoi avez-vous choisi ce nom?
F-M: L’identité des artistes qui jouent dans le Kaign est gardée secrète. Le bâtiment est entièrement couvert, le public ne voit donc pas qui joue et comment et est ainsi donc focalisé sur la musique proprement dite. J’ai choisi ce nom en hommage à cette célébration de la musique où les apparences n’ont aucune importance et le bon son est roi.

AE: Aviez-vous de l’expérience dans la programmation, l’informatique ou alors la création d’application?
F-M: Oui biensûr. Comme je l’ai dit plus haut, je programme depuis le début des années 2000. J’ai déjà lancé indépendamment deux jeux vidéos: Juicy Hunt (Mobile) et Direct Hit (PC/Steam) et tout au long de ma carrière, j’ai eu à travailler sur différentes applications pour mes divers employeurs.

AE: Qu’est ce-qui vous a poussé créer cette application?
F-M: Merci beaucoup pour cette question très pertinente. La musique m’accompagne dans toutes mes activités quotidiennes, j’écoute environ 1 à 3 heures de musique par jour selon mes humeurs. C’était très difficile pour moi de confectionner des playlists ou encore de trouver la musique qui allait avec une certaine activité. Enfin, les genres de musique camerounaise/africaine apparaissent sur iTunes ou sur d’autres sites de musique comme: Afrobeat ou encore World. Cependant vous et moi savons que nous avons le Makossa, le Bikutsi, le Benskin, l’Assiko, l’Azonto, le Ndombolo etc… Disons que j’ai envie d’écouter du Bikutsi en faisant le ménage un samedi matin, avec les 'players' existants, vous devriez parcourir vos chansons et choisir celles que vous savez sont du genre Bikutsi et les ajouter dans une playlist. C’est fastidieux et décourageant de fouiller dans nos chansons afin de trouver ce dont nous avons envie.

AE: Quels services offrent votre application?
 Kaign
F-M: Kaign vous permet d’exprimer vos désirs musicaux dans des filtres sauvegardés dans l’application et que vous pouvez partager avec vos amis et connaissances. Si nous prenons l’exemple précédent où nous voulions écouter du Bikutsi. Avec Kaign, vous pouvez créer un filtre avec les artistes suivants: Lady Ponce, Coco Argentée, Mani Bella, Zélé le bombardier, Richard Amougou, les Têtes Brûlées etc… Une fois ce filtre sauvegardé, vous pouvez l’appliquer aux chansons disponibles dans votre librairie et avoir une playlist créée à partir de ces critères en un clin d’oeil. En plus vous pouvez envoyer ce filtre à tous les amoureux de Bikutsi de votre entourage par e-mail ou encore par iMessage. Si vous sauvegarder les résultats du filtrage dans une ‘trackslist’, celle-ci est automatiquement mise à jour: si vous rajouter à votre librairie une chanson de Lady Ponce quelques jours plus tard,  elle sera automatiquement rajouter à votre trackslist.

AE: Sur quels domaines d’exploitation est-elle disponible?
F-M: Kaign est disponible sur iOS et sur WatchOS. Vous pouvez ainsi lancer un filtre à partir de votre Apple Watch, disons avant de commencer votre jogging matinal. La version pour OS X (Mac) est en cours de développement et devrait être disponible très bientôt.

AE: Est- elle payante? Si oui, combien coute-t-elle?
F-M: Kaign coûte 4.99 euros et roule sur votre iPhone, iPad et Apple Watch. Kaign supporte Apple Music, donc toutes les chansons que vous sauvegardez pour écouter offline sont disponibles dans Kaign.

AE: À quelles difficultés avez-vous fait face avant, pendant et après le lancement de KAIGN?
F-M: Je pense que le plus difficile est de faire savoir aux utilisateurs potentiels que Kaign existe. Nous travaillons constamment sur les stratégies marketing afin d’exposer Kaign au grand public. Encore un merci de nous aider dans ce sens avec cet interview. Aussi les membres de l’équipe derrière Kaign ont tous leurs ‘9 to 5’, nos boulots principaux qui paient nos factures. Nous ne travaillons sur Kaign  que les soirs et les weekends.

AE: C'est moi qui vous remercie. Quels ont été les éléments qui ont facilité le lancement en général?
F-M: Le fait que l’équipe soit composée de moi, de ma soeur et d’un ancien collègue est très avantageux. Ce sont des personnes que je connais très bien. Donc la communication est très facile, franche et ouverte. En plus nous savons tous que Kaign est un produit qui pourrait être utile à plein de gens à travers le monde. Enfin, les outils informatiques gratuits comme Slack et OpenOffice sont au centre de tout ce qu’on fait car nous travaillons à distance. Je suis basé à Toronto, ma soeur Gaelle à Montréal et Latcho le troisième mousquetaire de notre groupe vit en Floride depuis la semaine dernière.

AE: Entendez-vous créer de nouvelles applications dans le futur?
F-M: Certainement, mais nous sommes 100% sur Kaign, car il reste beaucoup à faire afin de permettre aux mordus de musique de la consommer sans modération.


AE: Quel est votre plus grand rêve?
F-M: Mon plus grand rêve serait de voir les gens arrêter de se plaindre, ne plus voir des artistes dans les rues et de coacher une équipe en phase finale de la coupe du monde lol :)


AE: Intéressant! Pour clôturer, quels conseils donneriez-vous à la jeunesse africaine qui entend prospérer dans le domaine de l’entrepreneuriat?
F-M: Je leur dirais d’être patient et d’identifier et d’utiliser au max tous les atouts qu’ils possèdent quels qu’ils soient. D’être réalistes, objectifs et intransigeants. Surtout ne pas oublier que travailler et agir intelligemment est toujours gratuit et très bénéfique :)

AE: Merci François-Michel

Par Anne Edimo

Saturday, June 18, 2016

Le Creative Cake

Gastronomie
Patisserie
Cameroun
Motivée par sa passion pour la création et l'innovation, Céline Tayou est une jeune femme entrepreneure qui se spécialise dans le cake et 'cupcakes' design. Boostée par sa famille, cette dernière monte une page Facebook, du nom de Creative Cake Design qu'elle fait très vite de concrétiser en ouvrant une sorte d'atelier de pâtisseries pour les friands de pâtisseries, notamment des gâteaux et cupcakes (gâteaux miniatures). Le dit atelier a ouvert ses portes le 8 juin dernier, à Douala (Cameroun), plus précisément à Bonapriso, un quartier résidentiel. Malgré les divers obstacles rencontrées pendant la création de son entreprise, Céline ne baisse pas les bras et a pour objectif d'étendre son empire. Cette dernière m'a gentiment ouvert la porte de son aventure, que j'ai résumé en un entretien:

AE: Bonjour Céline, merci de mavoir accorde cet entretien. Alors pour commencer, qui est Céline Tayou?
Bonjour Anne et merci à vous de donner lopportunité de faire découvrir créative Cake design à vos lecteurs. Je m’appelle Céline S.TAYOU, je suis cake designer professionnel. Et depuis 2 ans je m’amuse à vouloir faire rêver mes clients et donner vie à leurs émotions  à travers mes gâteaux.


AE: Vous avez récemment ouvert une boutique très glamour, et dont le décor illumine les regards: Creative Cake Design, à Douala (Cameroun), plus précisément à Bonapriso. Quelle est la spécialité de Creative Cake Design?
Notre boutique a ouvert ses portes il y a tout juste 1 semaine. Il y a 2 spécialités qui se distinguent dans ce que je propose : je confectionne des gâteaux sur mesure (mariages, anniversaires, évènements spécifiques), ainsi que des cupcakes gourmands tous plus originaux les uns que les autres.

Étant fan de cupcakes, j’ai imaginé un lieu très enfantin où mes clients pourraient venir boire un café, ou un thé tout en dégustant mes petites créations et réfléchir ensemble à leur prochain gâteau d’anniversaire. Cette vitrine me permet de mieux mexprimer et de donner la possibilité à mes clients de mieux se connaitre.

AE: Très intéressant! Comment sest déroulé louverture?
Super bien merci ! Grâce à tous les gens qui me suivent sur ma page Facebook (Creative Cake Design Douala), jai eu et je continue davoir beaucoup de soutien, et de rencontrer mes amis virtuels. Et cest vraiment réconfortant et extrêmement motivant au quotidien.

AE: Quest-ce qui vous a poussé à créer cette entreprise?
Je suis de nature entrepreneuse, ma passion à moi est de créer, innover trouver une manière de faire les choses même sans moyen. Partir d’une feuille blanche et réussir à y dessiner ou faire quelque chose de beau est mon leit motiv. Ma mère était une artiste qui n’a pas pu vivre de son art, elle m’a initié au dessin très tôt. Et ne voulant pas que je fasse les mêmes erreurs qu’elle je me suis réorienteée, mais finalement dans des domaines artistiques… toujours (comme quoi). Par hasard, c'est grâce à ma belle-sœur (histoire de famille décidément) que j’ai le déclic et que je décide de me lancer dans le cake design. Je souhaitais faire cela rapidement et de manière professionnelle, c’est pour cela que j’ai créé cette société. Très vite, j’ai compris que c’était mon "truc", dans lequel je m’épanouissais énormément et auquel les gens adhéraient…. Et voilà! Ça fait déjà bientôt 2 ans que je m’éclate!


AE: Pourquoi avoir choisi ce nom? Y a -t-il une histoire passionnante derrière ce nom?
Je souhaitais que « Cake design » apparaisse dans le titre, et jai ajouté le mot Creative car je trouvais que ça me correspondait bien.

AE: Quelles services offre votre boutique?


Vous pouvez passer prendre un thé anglais ou un café, boire un verre de jus naturel tout en dégustant des délicieux cupcakes , des brownies, muffins etc.... Vous trouverez 12 variétes de cupcakes, tous disponibles sur notre site internet www.creative-cake-design.comChaque mois nous proposerons des cupcakes différents avec tout plein de surprise. Cet endroit vous offre la possibilité de commander vos gâteaux sur mesure et ainsi choisir, le goût, la forme et le thème de votre gâteaux afin quil ressemble a 100% à vos souhaits.

AE: Quelle est votre grille de prix?

En ce qui concerne les cupcakes: notre grille de prix en boutique va de 500 fcfa à 1500 fcfa (jusqu’à 2000 fcfa pour les cupcakes personnalisés). En ce qui concerne les gâteaux créatifs sur mesure, étant donné la complexité, pour calculer le prix nous avons créé un devis en ligne qui vous permet de recevoir immédiatement un devis estimatif dans votre boîte mail via notre site internet . Nos gâteaux sont à partir de 35 000 fcfa.

AE: Êtes-vous essentiellement spécialisée en gâteaux et cupcakes ou alors faîtes-vous dautres pâtisseries?
Je suis spécialisée dans ces 2 domaines et je ne fais pas d’autres pâtisseries (pour l’instant).

AE: Avez-vous suivi une formation en pâtisserie ou alors il sagit dune simple passion?
Oui jai souhaité rendre profesionnel ma démarche, car je souhaitais vraiment me démarquer de la concurrence. Jai suivi une formation en décoration pâtissière qui ma permis de me remettre à niveau au niveau de mes bases en dessin tout en alliant les connaissances techniques en pâtisserie pour ce type de gâteaux. Mon geste est devenu plus précis.

AE: Quelle a été votre procédure de financement?
Le financement de mon entreprise cest fait a presque 100% personnel, mon mari me soutient beaucoup dans cette aventure, ainsi que mes beaux-frères qui, chacun à leur manière, maident à leur niveau (prêt de local, matériel, temps et aide financière ponctuelle). Et je leur en suis extrêmement reconnaissante car sans eux, ce démarrage naurait pas été possible. Quand on est une toute petite structure avec beaucoup didées certes, mais les poches vides, cest compliqué de trouver une banque qui puisse nous suivre. Donc depuis 2 ans, je mets le maximum de côté pour cette boutique.

AE: Avez-vous rencontré des difficultés durant la création de votre entreprise? Si oui, lesquelles? 
Non pas particulièrement, la plus grosse difficulté cest de pouvoir se faire connaître et gagner une crédibilité dans ce que nous entreprenons. Cette crédibilité se gagne très difficilement et est très fragile surtout à Douala. Au quotidien je ne néglige aucun gâteau ni commande, indépendamment de la taille ou du chiffre daffaire que cela me rapporte. Au-delà dun gâteau, je vends des émotions que le client souhaite marquer, je ne peux le décevoir, car il ny aura jamais 2 fois le même évènement. Cest un honneur que le client me fait et je dois être au RDV. Et ça, cest compliqué parfois avec les aléas de la vie de chaque jours.

AE: Quels ont été les facteurs ayant favorisé la création de Creative Cake Design?
Les facteurs de réussite restent la famille, et l' aide matérielle et immatérielle (idée ou savoir-faire ) que l' on m'a apportée, et qu'on continue à me donner...
AE: Êtes-vous en partenariat avec des boulangeries locales ou dautres pâtissiers ou créateurs de gâteaux?
Oui, je suis en relation avec d'autre cake designer que j'aide, mais pas encore avec les boulangeries mais qui sait ?

AE: Entendez-vous ouvrir dautres succursales dans dautres villes?
Oui c’est inscrit dans notre stratégie et nous attendons de voir l’évolution de Bonapriso, pour lancer la prochaine étape.

AE: Quel est votre plus grand rêve?
Aujourd'hui quand je me réveille, je suis heureuse de faire et d’entreprendre tout cela avec ses hauts et ses bas, avec le soutien de mon mari, de sa famille ainsi que de la mienne. Être heureuse est pour moi est un rêve qui se réalise.

AE: Quels conseils donneriez-vous à la jeunesse africaine qui aimerait se lancer dans de telles initiatives?
Le seul conseil que je donnerais est de FONCER sans avoir peur de tomber. Tomber est un processus qui emmène au succès et qui permet de façonner lavenir pour nous emmener la où nous sommes tous voué à être. Vous ne perdez rien à gagner Foncer !

AE: Merci pour votre patience et collaboration.
Merci à vous de nous avoir accordé cette attention, on se dit rendez-vous à la boutique ?

AE: Avec plaisir!!

Un delice pour les yeux et la bouche ...

Par Anne Edimo

Saturday, June 11, 2016

La Communication Africaine 2.0 en Plein Essor

Communication
Relations Publiques
Afrique
 http://kouaba.com/wp-content/uploads/2015/12/lOGO-Kouaba-2.png
À 30 ans, Marylène Owona est déjà CEO de Kouaba, une entreprise spécialisée dans le Marketing intégré et la communication digitale axée sur l'Afrique basée à Douala (Cameroun) et à Abidjan (Côte d'Ivoire), qui a une forte spécialisation dans l'analyse de données et le profilage des consommateurs africains. Malgré les difficultés financières rencontrées durant la création de Kouaba, cette afro-optimiste a tout récemment ouvert une branche à Abidjan et est en voie de formaliser des partenariats avec des entreprises anglophones et dans des pays où l'entreprise n'est pas encore implantée. Cette dynamique jeune femme a accepté de m'accorder un entretien pour me parler de son aventure.

AE: Bonjour Mlle Marylène Owona et merci d’avoir accepter de m’accorder cet entretien. Alors qui est Marylène Owona?
MO: Bonjour et merci à vous. Je suis une camerounaise de 30 ans qui travaille à vivre son rêve africain. Je vis entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire où nous venons d’ouvrir un nouveau bureau.

AE: Depuis un peu plus de deux ans, vous êtes la présidente de l’agence Kouaba spécialisée en Marketing intégré et communication digitale axée sur l’Afrique. Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette agence?
MO: Après avoir travaillé 8 ans dans la communication, j’ai éprouvé le besoin de me tourner vers l’Afrique et de découvrir et de partager mes connaissances sur le marché local. C’est ainsi que Kouaba est née. L’agence fait du marketing et de la communication digitale avec une forte spécialisation dans l’analyse de données et le profilage du consommateur africain. En Afrique, il y a 54 pays et autant de marchés. Dans ces marchés il y a différents types de consommateurs dont les habitudes sont majoritairement liées à leur culture mais aussi à des paramètres intrinsèques que l’on ne retrouve nulle part dans le monde. Demain on voudrait pouvoir dire à chacun de nos clients : ouvrez un magasin dans x zone car vos consommateurs finaux passent devant en voiture à telle vitesse et telle fréquence ce qui augmentera de 35% votre chiffre d’affaires. Pour cela on se base sur les datas, les données de ce marché que nous collectons , analysons et restituons.

AE: Quel était votre parcours académique? Je fais allusion à vos études supérieures notamment

MO: J’ai fait des études de langues avec option marketing.

AE: Intéressant. Diriez-vous que les connaissances acquises pendant vos études supérieures ont concouru à vous aider à monter votre entreprise au même titre que votre expérience professionnelle? 

MO: L’école pas vraiment. Je trouve qu’il y a un fossé trop important entre ce qu’on nous apprend et les besoins pratiques que nous avons. 
L’expérience pro a été par contre très déterminante. J’ai beaucoup appris et j’ai beaucoup appliqué.

AE: Alors sur votre site, il est inscrit que « Kouaba signifie Parler, Communiquer dans une langue de l’Afrique Centrale ». Pourquoi avez-vous choisi ‘Kouaba’ en particulier?
MO: Parce que le désir de Kouaba est d’améliorer la communication entre nos clients et leurs prospects. Et par ricochet participer à l’évolution de la vision de la communication sur le continent… d’un aspect généraliste à du « costumer centric » c’est-à-dire au travers de la prise en compte de chaque client comme une entité à part.

AE: Avez-vous eu recours à du Crowdfunding ou du sponsoring pour monter votre boite?
MO: Non pas le moins du monde. J’ai commencé dans mon salon comme beaucoup d’entrepreneurs digitaux. C’est ce qu’on appelle le « bootstraping ». Les revenus des premiers clients m’ont permis d’investir dans de meilleurs outils puis embaucher et ainsi de suite.  L’appel aux financements extérieurs n’est pas une option adaptée à toutes les startups. Des fois fonctionner avec très peu de fonds permet de faire preuve de créativité et de faire des erreurs sans impliquer de fortes sommes. Par ailleurs fonctionner de cette manière permet d’aller voir les investisseurs avec un projet solide qui a fait ses preuves et ainsi mieux vendre son entreprise.

AE: Est-il évident pour une entreprise de ce genre d’évoluer dans un contexte africain où le recours aux spécialistes des relations publiques n’est pas aussi prononcé qu’en Amérique du Nord ou en Europe par exemple?
MO: L’Afrique aime fonctionner avec l’Afrique contrairement à ce que l’on pense. Si vous avez un produit de qualité, quelques références et beaucoup de persévérance vous êtes les bienvenus. La demande locale est très forte et avant d’investir les directeurs marketing veulent avoir à leurs côtés, en permanence ceux qui vont gérer leurs communications. A terme, on ira vers moins de présence occidentale et moins d’appels à des entreprises ne possédant même pas de bureau local.

AE: Quels sont les principaux services qu’offrent cette agence?
MO: Nous sommes une agence full digital c’est-à-dire complètement dédiée au web et même si nous faisons des incursions dans le offline avec de l’affichage ou notre magazine papier Digit Afrika, nous revendiquons fortement cette spécialisation. 

Plus précisément, nous faisons de la communication, publicité, sites web, vidéo, collecte et analyse de données etc…

AE: Quelle est votre clientèle cible?
MO: Les entreprises sur le continent ou ayant un pied sur le continent.

AE: Êtes-vous plus portée vers les entreprises publiques, privées ou parapubliques?
MO: Nous travaillons avec tous les secteurs.


AE: Travaillez-vous en partenariat avec d’autres agences de communication?

MO: Oui tout à fait. Nous sommes en train de formaliser des partenariats avec des agences en Afrique anglophone et dans des pays où nous n’avons pas de bureaux.

AE: Votre agence est basée à Paris (France) et à Douala (Cameroun). Comment arrivez-vous à gérer cela?
MO: La cellule parisienne est une représentation. Nous avons des bureaux a Douala et depuis 2 mois à Abidjan. Je suis donc plus souvent entre les deux. J’ai la chance d’avoir des équipes dédiées à leur travail qui ont la maîtrise de ce qu’elles font. Etre entre plusieurs pays nous permet non seulement de développer nos parts de marché mais en plus d’avoir une connaissance locale des consommateurs et ainsi enrichir les services que nous offrons à nos clients. C’est donc un atout qui nous apporte surtout des facilités.

AE: Avez-vous rencontré des difficultés dans la création de votre entreprise? Si oui, lesquelles?
MO: Difficultés de financement, nécessité de repenser le projet en permanence la première année etc… Les difficultés de tout entrepreneur. Après, on apprend à transformer les difficultés en atouts.

AE: Entendez-vous agrandir votre entreprise et diversifier davantage vos services dans le futur?
MO: Oui nous avons pas mal de choses sur le feu. Suivez nos réseaux sociaux ;)

AE: Avec plaisir. Quels sont les pseudonymes de Kouaba sur la toile?
MO:  FB https://www.facebook.com/KouabaAgency/?fref=ts
Twitter @kouaba_agency
Instagram @kouaba


AE: Quel est votre plus grand rêve?

MO: Une jeunesse africaine organisée armée pour gagner la bataille économique mondiale.

AE: Pour finir, quel conseil donneriez-vous à la jeunesse africaine qui depuis quelques temps maintenant prospère dans l’entrepreneuriat?
MO: De ne pas se faire des films. L’air n’est pas la chanson. Entreprendre c’est dur, réussir dans l’entrepreneuriat l’est encore plus. La finalité n’est pas d’avoir des articles de journaux mais de faire du chiffre. C’est sur ce point qu’il faut se concentrer. Un beau concept n’a d’intérêt que s’il crée de la valeur. Donc réalisme, focus, persévérance et connaissance du marché sont des sine qua non de la réussite, locale et internationale.

AE: Merci encore pour cet entretien et bonne chance pour vos projets futurs
MO: Merci à vous et bon courage

Sources: http://kouaba.com/ 

Par Anne Edimo 

Monday, June 6, 2016

Les Pâtisseries Selon Lebonome


Art Culinaire
Pâtisserie

 
Friand de pâtisseries depuis son plus jeune âge, Léo Tsade jeune entrepreneur d'origine camerounaise basé à Paris (France) capitalise sur sa passion pour l'art culinaire, et plus précisément la pâtisserie. Las de déguster, ce dernier a décidé de suivre des formations afin de concrétiser son amour pour les pâtisseries, et par la suite a créé lebonome's factory, dont les activités sont répertoriés sur la page Facebook de l'entreprise. En plus d'être une galerie par le biais de laquelle Léo expose et partage ses créations avec d'autres amateurs de pâtisserie, cette page Facebook est également la vitrine de 'la factory'. Léo a accepté de m'accorder un entretien dont voici l'extrait:

AE: Bonjour Léo, tout d’abord merci d’avoir accepter de m’accorder cet entretien. Alors qui est Monsieur Léo Tsade?
LT: Bonjour Anne Nadia. Je vous en prie ça me fait plaisir. Léo Tsade est avant tout un passionné d’art culinaire et plus particulièrement de pâtisserie. Dès mon plus jeune âge j’ai été passionné par les gâteaux et autres gourmandises. Plus tard, quand les manger ne m’a plus suffi, j’ai commencé à étudier et à m’exercer afin de concevoir et réaliser des pâtisseries toujours plus exceptionnelles

AE: Vous êtes le créateur de la page Facebook lebonome’s factory. Pouvez- vous nous en dire plus?
     

LT: Lebonome’s factory est une page qui me permet avant tout de partager mes créations avec d’autres amateurs d’art culinaire. Tout artiste a besoin d’une galerie où il peut exposer son travail et cette page est la mienne. Afin de l’entretenir, je propose régulièrement mes services à ceux qui souhaitent avoir des gâteaux habituellement hors de prix, à des tarifs plus abordables. C’est donc aussi un bon plan que mes clients se partagent en famille ou entre amis. 
 
AE: Quel a été l’ élément déclencheur qui a poussé à la création de cette ‘factory’?
LT: je dirais que ce qui m’a vraiment poussé à ouvrir cette factory c’est mon envie de partager avec le monde ma vision personnelle de la pâtisserie et de la cuisine en général. Mon envie de créer, façonner et susciter des émotions aussi bien visuelles que gustatives. 
 
AE: Est-ce une passion ou alors un métier pour lequel vous avez fait des études?
 LT: Au début de l’aventure ce n'était en effet qu’une passion, mais prenant conscience du potentiel qui s’y trouvait, j’ai fini par m’inscrire à une formation dans une école de pâtisserie et je suis encore ce cursus aujourd’hui. Le but étant de vivre un jour entièrement de ma passion.

AE: Pourquoi avez-vous choisi ce nom et pas un autre?
LT:  ”Lebonome’s factory” qui se traduit littéralement “usine de lebonome” fait référence au surnom affectif (lebonome) que m’ont donné mes amis à cause de ma carrure imposante. Étant donné que ces amis sont en général mes “cobayes”, c’est un hommage que je leur rends en utilisant ce sobriquet qui je trouve ne me va pas trop mal.

AE: Quelles prestations offrent Lebonome’s factory?
LT:
Lebonome’s factory offre des prestations de pâtissier et traiteur avec un service de livraison sur paris.

AE: Avez-vous rencontré des difficultés depuis l’ouverture de votre ‘factory’? Si oui, lesquelles?
LT:
L’une des plus grandes difficultés que j’ai rencontrée lors de l’ouverture de lebonome’s factory a été le besoin de visibilité, mais aujourd’hui le bouche à oreille a bien marché et on commence à me connaître et à reconnaitre mon travail

AE: Quels facteurs ont facilité la création de cette entreprise?
 LT: Des facteurs qui ont facilité la création de cette factory? Je dirais juste que c’est le soutien de mes proches et les encouragements de mes clients  

AE: Vous avez récemment participé à l ‘émission Totaldivas diffusée sur la chaîne E! qui totalise un nombre important de téléspectateurs, au cours de laquelle vous avez dirigé un atelier macaron organisé par l’équipe de L'indépendante Productions. Comment avez-vous trouvé cette expérience?
 LT: Avoir fait cette émission pour la chaîne “E!” a été une expérience très enrichissante pour moi à bien des niveaux et je garde de très bons souvenirs de la séance d’enregistrement. Les actrices de cette télé­réalité étaient pour la plupart vraiment charmantes, elles ont tout de suite détendu l’atmosphère, et l’équipe de l’indépendante production a su accompagner et guider le novice que j’étais. 

AE: Travaillez-vous en partenariat avec d’autres pâtissiers? Si oui, lesquels? Si non, est-ce que à l’avenir vous entreprenez de collaborer avec des professionnels du monde de la pâtisserie?
LT: Pour l’instant je travaille seul. je n’ai jamais fait de partenariat avec d’autres pâtissiers mais toujours dans un souci d’innovation et de créativité, il n’est pas exclu que je m’associe un jour avec des pâtissiers, des chocolatiers ou même des glaciers... Tout pour la gourmandise !!!
  
AE: Selon vous, à quoi ressemblera Lebonome’s factory dans 5 ans?
LT: S’il plait à Dieu dans 5ans, lebonome’s factory ne sera plus juste une page sur internet mais un espace en dur où se retrouveront les amateurs de ces pâtisseries qui se mangent d’abord avec les yeux 

AE: Vous dites vouloir que votre 'factory' se transforme en espace dur... Idéalement, dans quelle partie du monde serait-il situé?
 LT: Idéalement, en Afrique.

AE: Quel est votre pâtissier préféré?
 LT: Mon pâtissier préféré c'est Christophe Adam(ce qu'il fait avec les éclairs c'est du pur génie)
 
AE: Quel est votre plus grand rêve?
 LT: Mon plus grand rêve, c'est de devenir un pâtissier reconnu pour la qualité de son travail

AE: Des conseils pour d’autres jeunes qui aimeraient se lancer dans des entreprises pâtissières?
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LT: S’il y a un conseil que je pourrais donner à ceux qui veulent se lancer dans des entreprises pâtissières, ce serait de se donner à fond et de persévérer car pour moi être déterminé à réaliser ses rêves est le seul véritable facteur de la réussite.

Par Anne Edimo

Sources: Lebonome's factory Facebook page: https://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwia_b_hl5PNAhVGfiYKHbzfAx0QFggbMAA&url=https%3A%2F%2Ffr-ca.facebook.com%2FLebonomes-factory-438176479667396%2F&usg=AFQjCNEgsJNBjZyH1MET8spH2TvFutdIlA&sig2=tZq156tIuoPk7un_hLo9xw&bvm=bv.123664746,d.cWw





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Sunday, May 29, 2016

Le foulard dans toute sa splendeur

Cameroun
Culture
Fashion
 

 

Défini par certaines femmes comme un accessoire glamour capable de requinquer divers styles vestimentaires, et pour d'autres comme une solution efficace pour remédier aux 'Bad Hair days', le foulard inspire la jeunesse africaine. Mieux, il la pousse à explorer et parfaire des talents enfouis. C'est le cas de Frédérique Noëlle Essomba, jeune camerounaise amoureuse de culture et diplômée en Sciences Politiques, qui a monté Les Ways 2 Noushka, une jeune entreprise spécialisée dans le 'headwrap' ou l'attaché de foulard ainsi que la confection de divers accessoires vestimentaires. Son but: Valoriser la culture africaine! Oui, Frédérique Noëlle entend bien redorer le blason de la culture africaine, qui selon elle, ne reçoit pas la visibilité qu'elle mérite. Afin d'atteindre ses objectifs, elle met tous les moyens nécessaires en oeuvre. À cet effet, elle a organisé le 28 mai dernier à Yaoundé (Cameroun) au restaurant La Cabane un atelier Make-up/headwrap pour partager son savoir-faire et accroître la visibilité de ses collections. Cette passionnée et experte en attaché de foulard a accepté de m'accorder un entretien dont voici l'extrait en intégralité:

AE: Bonjour Frédérique Noëlle et merci d'avoir accepté de m'accorder cet entretien. Pour commencer, j'aimerais en savoir un peu plus sur la jeune femme qui se cache derrière "les Ways.2.Noushka. Qui est Frédérique Nöelle?

FN: Diplômée en sciences politiques, je suis une jeune femme qui s'est lancée dans l'entrepreneuriat.

AE: Qu’est- ce qui vous a poussé à créer "Les Ways 2 Noushka"? 
 

FN: Mon aventure commence avec la production d'huile de coco, car je m' étais rendue compte qu'on n' en faisait pas en grande surface. Puis, une amie Yolaine Ngomsu, m'a encouragé à inscrire dans mon activité le "headwrap" car je le faisais bien.
 
AE: Que veut dire les Ways 2 Noushka?

FN: Les 'ways 2' parce que je ne me limite pas qu'à l'attaché de foulard.

AE: Avez-vous un slogan?

FN: "Noushkhalisez votre beauté".

AE: Pourquoi ce slogan?
 
FN: Le slogan parce que je veux que le plus que j'apporte à la beauté des femmes soit identifié à ma marque.
AE: Est-ce que vos activités ne se limitent qu’à la vente de pagne ou alors vous offrez d’autres services?

FN: Je vends de l'huile de coco, des foulards en coton, basin, Wax, et je confectionne des foulards et j'attache pour des cérémonies.

AE: De quels moyens avez-vous usé pour accroître votre visibilité?

FN: Facebook , Instagram, Twitter

AE: Comment les lecteurs pourraient-ils vous suivre? Quels sont vos pseudonymes sur la toile?

FN: Facebook: les ways 2 noushkha, Instagram: les.ways.2.noushkha
AE: Quelle est votre clientèle?

FN: Ma clientèle varie entre 15 ans et 55 ans: hommes, femmes et bébés

AE: Quelle est votre grille de prix?

 
FN: Pour la grille des prix, ça varie vraiment. Mais, pour les prix des bases, la collection Makeda c'est l'assemblage de foulards et de cols. Et c'est 15.000 FCFA. Et maintenant, si quelqu'un veut que je lui attache un foulard pour une cérémonie comme un mariage, un baptême, ou un autre évènement, si la personne a son foulard, c'est 10.000 FCFA. Si la personne veut que je lui donne le foulard, c'est 15.000 FCFA. Si je dois me déplacer, c'est 20.000 FCFA. Maintenant, si tu prends la collection Makeda comme je l'ai dit au début, et que tu ne sais pas attacher, je peux te faire un foulard confectionné. Donc, j'attache et je condamne directement le foulard. Si tu as acheté la collection Makeda je te le fais gratuitement, mais si tu m'emmènes ton foulard, c'est 5.000 FCFA pour la main d' oeuvre. Les prix varient pour les foulards: il y a des foulards de 5.000, il y a des foulards de 3.000 que je vends également. Les foulards de 3.000 ce sont les foulards en coton, pour 5000 c'est le Wax. C'est à peu près çà les prix comme j'ai dit, ça varie vraiment. La collection Makeda, c'est uniquement le col et le foulard. Mais d'autres collections suivront. Je vends aussi de l'huile de coco: le 50 ml c'est 3000, le 100ml c'est 10000.

AE: Entendez-vous transformer cette mini entreprise en boutique en ligne ou boutique tout court?

FN: J'aimerais bien transformer mon entreprise d'abord en boutique en ligne, parce que, les réseaux sociaux sont beaucoup plus faciles, c'est beaucoup plus accessible. Maintenant, une boutique après, un local, oui je compte aussi le faire. La boutique en ligne va pouvoir me permettre de gérer les clients à l'étranger, et le local sur place c'est pour gérer les clients qui sont sur place, qui sont au pays.

AE: Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face quand vous débutiez votre projet?

FN: la gestion de mon affaire, l'organisation.




AE: Qu'entendez-vous par cela?

FN: Le fait de concilier mes cours, la gestion de mes comptes et les livraisons.

AE: Pensez-vous faire des partenariats avec des personnes qui font dans ce genre de services dans le futur? 

FN: Oui, partenariat avec les industries du textile, maison de couture.

AE: Quel est votre plus grand rêve?

FN: Devenir diplomate et par le biais de ce métier, valoriser l'Afrique et le Cameroun en Particulier grâce à mon talent.

AE: Quel conseil donneriez vous aux jeunes comme vous qui désirent se lancer dans ce genre de projets qui tend à valoriser la culture africaine?

FN: J' encourage toute initiative entrepreneuriale pour le développement de mon pays. Pour les jeunes, moi je les encourage à se lancer dans un projet, que ce soit un projet comme le mien, que ce soit un autre projet. Parce qu'on ne valorise pas assez la culture africaine, alors qu'on a beaucoup de ressources; et ce genre de projet permet vraiment de faire connaître l'Afrique, parce que moi je compte bien étendre ce projet à l'occident, vraiment internationalement. Parce que pour moi, qu'une personne qui vive en occident porte mes créations est un PLUS pour l'Afrique. Donc moi j'encourage vraiment les gens qui ont des idées tels que moi, à se lancer et ne pas avoir peur même si le capital n'y est pas. Même avec une petite somme, on peut commencer un business. Donc tout est une question de volonté! Donc si tu as la volonté, si tu as un projet aussi banal soit il, il faut se lancer, être courageux et foncer tête baissée! C'est tout ce que moi je peux dire. Merci beaucoup pour cet entretien

AE: C'est moi qui vous remercie



Anne Edimo


Sources: https://www.facebook.com/Les-Ways-2-Noushkha-456808641153058/?fref=ts
http://www.lexpress.fr/styles/coiffure/le-headwrap-dernier-recours-pour-mes-cheveux-des-mauvais-jours_1193185.html







Saturday, April 16, 2016

Les Langues Vernaculaires Au-Delà des Frontières

Culture
Langues locales
Cameroun



Dynamique et ambitieuse, Stéphie-Rose Nyot Nyot, jeune franco-camerounaise, spécialiste en communication internationale, valorise la langue bassa, l'une des nombreuses langues locales du Cameroun, via Facebook.

 Grandir loin de chez soi n'est pas toujours une tâche aisée. Cela requiert parfois de gros efforts pour découvrir, s'adapter et/ou embrasser de nouvelles cultures. La période de transition est très souvent difficile pour les jeunes étudiants par exemple, qui doivent quitter le cocon familial pour poursuivre leurs études à l'étranger. Et pour eux, l'un des obstacles les plus contraignants est celui de la langue. Le fait de ne quasiment rien comprendre de ce qui se passe autour d'eux, de même que la difficulté à pouvoir s'exprimer clairement, les amène parfois à se questionner sur leur identité. Et c'est dans cette quête de réponses qu'un retour aux sources est parfois imparable. Mais là encore, on replonge dans un contexte qu'on a peu connu ou déjà oublié et le problème de la langue, maternelle cette fois, ressurgit. Tel est le cas de Stéphie-Rose Nyot Nyot, une jeune franco-camerounaise, à la genèse de la page Facebook intitulée "Je Parle Le Bassa 2.0", qui essaye de combler à sa manière cette crise identitaire matérialisée par son "incapacité" à s'exprimer en bassa, la langue de ses parents. Afin de nous édifier sur la teneur de son projet, cette dernière s'est entretenue avec moi dans un entretien dont voici l'extrait exclusif:


Bonjour Stéphie-Rose Nyot Nyot, merci d’avoir accepté de m’accorder cette interview.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Mon nom est Stéphie-Rose Nyot Nyot, je suis franco-camerounaise, spécialiste en communication internationale.

Vous êtes la créatrice de la page Facebook Je parle le Bassa 2.0. Pouvez-vous nous en-dire plus ? Comment est né ce projet ? Comment l’avez- vous réalisé ?

Après avoir passé un certain nombre d’années à l’étranger, loin de mon cocon familial, je commençais à ressentir un besoin identitaire qui se matérialisa par mon incapacité à m’exprimer en bassa, langue de mes parents.
En 2013, je fis plusieurs recherches afin de trouver des supports me permettant de combler cette gêne, n’étant pas satisfaite des ressources disponibles, j’ai décidé d’allier réseaux sociaux et langues ancestrales afin de créer un projet participatif en l’occurrence ce forum de partage.


Avez- vous fait face à des difficultés ?
Je parle le bassa 2.0, qui est un concept protégé, rassemble désormais plus de 7000 personnes. Le devoir de mémoire que nous entreprenons fait face à un succès grandissant. De ce fait, de nouveaux outils pédagogiques doivent être lancés afin de répondre à la demande accrue de nos abonnés, de recruter de nouveaux intéressés, globalement d'atteindre une nouvelle étape, un nouveau dynamisme. Depuis peu, nous avons lancé une campagne de financement participatif (28 mars-18 mai) pour pallier aux futures difficultés financières sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank qui servira entre autres à :
Développer un site web en français et en anglais, afin d’acquérir une visibilité internationale
Développer une application mobile, qui permettra aux utilisateurs d’apprendre le bassa en tout temps et en tout lieu. A travers cette application qui contiendra des exercices, les abonnés auront l’occasion de jauger leurs niveaux
Créer un réseau pour apprendre à parler d’autres langues camerounaises/africaines qui seront par la suite intégrées au site web

Si oui, lesquelles?

Sans financement, nous ne serons pas en mesure de développer JPLB 2.0 au-delà de Facebook. Ce projet mérite un rayonnement et une attention international. La protection et la préservation des langues africaines est une thématique identitaire profonde qui se doit de concerner un maximum de personnes.

Quels moyens avez-vous employé pour accroître la visibilité de votre page?
Facebook par son système de partages, de marquages et de société à favoriser une visibilité naturelle. Tout cela ajouté à un relai médias et à la qualité des cours et de l’écoute proposés.

Pourquoi ne pas avoir créer un site plutôt qu’une page Facebook?
Facebook est une plateforme bien plus virale que les sites web selon nous. Désormais nous sommes prêts à passer à l’étape de la création d’un site web qui proposera un ancrage disons plus ‘’professionnel’’

Comment voyez-vous l’évolution de cette plateforme qui a vocation à protéger le patrimoine culturel que représente la langue bassa?

Je vous invite à visiter notre campagne de financement participatif qui a pour but le développement de nouveaux supports pédagogiques et interactifs ainsi qu’à l’ajout d’une langue.

Pensez-vous collaborer avec d’autres plateformes d’apprentissage de la langue bassa afin de réaliser des projets de plus grande envergure?
Nous sommes ouverts à toute proposition sérieuse et motivée.

Vous dîtes ‘nous’, devrions-nous comprendre que vous avez des partenaires ou collaborateurs?
Le projet est piloté avec l'aide de ses parents qui maîtrisent la langue bassa. Les abonnés ont également un rôle majeur dans le pilotage de celui-ci

Si l'on veut vous aider à financer votre projet, que faut-il faire?
Il s'agit d'une campagne de financement participatif, de ce fait le meilleur moyen de nous aider reste de faire des dons.

Quels conseils donneriez-vous en ce qui concerne l’importance du patrimoine culturel en général et des langues vernaculaires en particulier, notamment pour ceux qui sont loin de chez eux?
Peu importe où l’on se trouve, il est important de se rappeler d’où l’on vient. S’il nous est difficile de remonter constamment à la source, il est de notre devoir de trouver des parades, des méthodes de compensation le permettant. Concernant la langue JPLB 2.0 est une option pour tous les bassa et nous espérons prochainement pour d’autres langues. Il est également important de passer du temps avec ceux qui savent, les anciens et de se rendre dans des structures appropriés tels que des musées, des centres culturels.



Merci pour cet entretien


Tuesday, March 15, 2016

Le Combat des Camerounais

Société
Cameroun



Chers lecteurs et lectrices,

Suite à un incident survenu à l'hôpital Laquintinie de Douala (Cameroun), les camerounais de la diaspora ainsi que ceux qui résident au Cameroun se sont indignés. Cet incident n'est autre que celui du décès de Monique Koumate le 12 mars 2016. Il y a tellement de versions de cette histoire, qu'il serait difficile de la raconter. Certains relatent que la femme enceinte est arrivée à l'hôpital accompagnée de quelques parents dans une situation critique, et n' a pas été reçue faute de moyens financiers. La dame portant en son sein des jumeaux serait donc morte. Entendant les bébés bouger, la soeur de la jeune dame l'aurait éventré dans un élan salvateur. Pour d'autres, la dame était déjà morte à son arrivée à Laquintinie, et par conséquent le personnel médical ne pouvait plus s'en occuper. Elle devait donc être transférée à la morgue. Une autre version suggère que la dame était inanimé mais les enfants vivants. La version 'officielle' du gouvernement quant à elle, suggère que la dame serait morte 4 heures avant son arrivée à l'hôpital Laquintinie, qu'il n'y avait donc pas d'issus et qu'on ne peut donc pas parler de négligence de l'hôpital car ni les enfants, ni la dame inanimée n'auraient pu être sauvés.

Après cette déclaration officielle qui bien entendu s'oppose à la version d'une parente de la défunte qui a donné sa version des faits sur la chaîne Equinoxe TV, la toile, notamment Facebook s'est embrasé! D'une part, des individus criblaient les médécins de propos injurieux en remettant en cause leur serment d' hippocrate, d'autre part, certains critiquaient un système qui selon eux souffre depuis un peu plus de 30 ans.

Sur les réseaux sociaux, le moindre évènement déclenche moults débats: des débats à faible à valeur intellectuel et des débats socio-politiques. Dans cet élan, l'affaire Laquintinie a vu naître des débats alimentés par des pseudo-penseurs qui défendent corps et âmes les autorités camerounaises sans toutefois prendre du recul, mais aussi des artistes camerounais de renom qui incriminent ces mêmes autorités. Que pensez de ces débats dans un pays où la plupart se contentent de la médiocrité et sont adeptes du fatalisme, du "on va faire comment le pays est comme ça". Enfin bon...
 

A.N. E